« Est-ce que je démissionne pour chercher la tête tranquille ? » C'est l'une des questions qu'on me pose le plus. Souvent, celui qui la pose se sent malhonnête de chercher en cachette de son employeur. Il voudrait arrêter cette double vie qui le met mal à l'aise.

Ma réponse est nuancée, mais dans la grande majorité des cas, elle tient en une phrase : ne démissionne pas avant d'avoir signé ailleurs.

Pourquoi chercher en poste est presque toujours mieux

Tout dépend de quatre choses : ta réserve financière (combien de temps tiens-tu sans salaire ?), ton secteur (en tension ou saturé ?), ton salaire actuel (au niveau du marché ou non ?) et, soyons honnêtes, ton âge.

Tu négocies en position de force. Avec un salaire qui tombe chaque mois, tu peux dire non. Tu choisis l'offre qui te correspond, pas la première qui arrive.

Tu protèges ton moral. On sous-estime toujours la dimension psychologique. Sans salaire, les nerfs se tendent, la confiance baisse à mesure que les semaines passent sans réponse, et chaque refus pèse plus lourd que le précédent. On finit par accepter des postes qu'on aurait refusés trois mois plus tôt.

Tu gardes tes droits. Une démission ne donne en principe ni indemnité ni allocations chômage, sauf exceptions strictes (suivre un conjoint, projet de reconversion validé…). Si tu veux vraiment partir, la rupture conventionnelle est presque toujours une meilleure option : tu touches une indemnité et tu ouvres tes droits au chômage.

Les cas où partir a du sens

Cela ne veut pas dire qu'il faut accepter l'inacceptable. Partir avant d'avoir signé se justifie quand :

  • ta santé est en jeu et tu ne peux plus attendre ;
  • tu pars à l'étranger ou tu lances un projet déjà financé ;
  • tu as une réserve financière confortable et un profil très recherché dans un secteur en tension.

Comment chercher quand tu es en poste

D'abord, rassure-toi sur un point : chercher un autre emploi pendant que tu occupes le tien n'est ni déloyal ni illégal. C'est la vie normale d'une carrière. Quelques règles suffisent pour le faire bien.

Cherche en dehors de tes heures de travail. Le soir, le week-end, ta pause déjeuner pour un appel. Tes entretiens, cale-les en début ou en fin de journée, ou pose une demi-journée.

Reste engagé jusqu'au bout. Tiens tes objectifs, livre tes projets, ne baisse pas en qualité. Ton futur employeur le sentira, ton employeur actuel aussi. Et tu partiras en bons termes, ce qui compte plus qu'on ne le croit pour les références.

Fais travailler les chasseurs de têtes pour toi. Ils connaissent les postes avant qu'ils soient publiés et approchent les candidats en toute discrétion. Quand l'un d'eux t'appelle, prends le temps d'échanger et demande-lui : « Comment est perçu mon profil sur le marché ? Quelles entreprises cherchent des profils comme le mien ? » Très peu de candidats le font. C'est pourtant une mine d'informations gratuites.

Organise-toi comme un projet. Avec peu de temps disponible, tu ne peux pas te disperser. Cible une vingtaine d'entreprises, fixe-toi un objectif de candidatures par semaine et suis tes relances. C'est ce qui permet de mener une recherche efficace en quelques heures par semaine.

Passe à l'action

Quand on cherche le soir et le week-end, l'organisation fait toute la différence. Trouve ton emploi centralise tes candidatures, tes relances et tes entretiens, et te donne tes indicateurs de la semaine. Tu sais en un coup d'œil où tu en es, sans y passer tes soirées.

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